exposition d'art contermporain du 27/06 au 19/09
Peintures
Chair, matière, chère matière... la matière tient une grande place dans mon travail. Couleur rouge pour la violence, le sang, la vie, le noir pour la mort, entre peur et souffrances ou l’humain avec ses déchirures. Physiques et psychiques... la matière comme émotion du corps, sensualité de la peau, d’abord avec des tons de terre et des matières à la Tapiès... puis avec la couleur, tout en privilégiant le geste impulsif et instinctif dans un abstrait plus suggéré que dit. Le thème de l’humain me permet de donner corps et sens à ma peinture dans une recherche d’expressivité, de ressenti émotionnel, de senti pour parler de fêlure, le tourment, la mort inéluctable, l’enfermement, la finitude de l’homme, les limites de la raison, ... l’être et le temps. J’aime le côté inachevé dans la représentation de l’humain. Les coulures pour traduire l’émotion. La matière s’efface pour laisser place aux transparences pour le vide, la respiration... où le corps de la femme est fortement présent. Actuellement, la couleur rose me permet de parler de fécondité, de féminité, de vie et puis un brin de nostalgie vis-à-vis de l’enfance. La peau est la première image qu’on donne de soi. Moi peau et peau mémoire... peau comme enveloppe et protection. Sur elle s’impriment les affects. Elle nous protège, elle nous habite. Que cache-t-elle ? Que montre-t-elle ? A la fois barrière et communication... j’aimerais que ma peinture deviennet chair . De même que l’homme, le tableau a lui aussi un squelette, des muscles, une peau, la peinture crée une enveloppe, mais on est à l’intérieur, on fait corps avec elle. Il me faut aller encore plus loin dans mon histoire.
« La vie ne vaut rien,mais rien ne vaut la vie « A.Malraux « La peau se souvient de tout . Nous sommes des êtres de tissus »Eric Fottorino « La peau est ce qu’il y a de plus profond en l’homme en tant qu’il se connait . « Paul Valéry
Peintures
Depuis l'âge de 13 ans, j'utilise un graphisme particulier composé de
courbes et de méandres. En créant des corrélations entre ces signes je joue avec les
superpositions et les résonnances. Cet ensemble d'éléments abstraits, coordonnés par des
lois, forme un chemin de vie qui en croise d'autres, des expériences vécues, des démarches qui
tournent en rond ou aboutissent. La combinaison de ces graphismes évoque ainsi les
labyrinthes de nos vies.
La recherche et le travail de série autour des spires, donne à réfléchir
sur la reproduction d'un geste à l'infini et sans cesse différent. Car l'apanage de la spirale
est de répéter son propre mouvement en l'augmentant d'un pas. Mes spirales sont ainsi
ovoïdes, carrées, polygonales et se combinent entre elles. En entrant dans la dynamique
de la spire on comprend la dynamique de ces tableaux qui demandent toujours à évoluer.
La recherche, de sens et de signification, est le tenant essentiel de cette
écriture picturale et idéographique.
Yasmine Chettouh
Ultima Thule
Faire le choix pour l'argile come matériau dans un temps où certains potiers deviennent des artistes et d'autres font le choix explicite de l'artisanat. Faire le choix pour l'art plastique comme profession à une époque où les frontières et limites sont sujets de discussion : les frontières entre les pays, les limites entre une discipline et une autre, les limites entre les différents points de vue. Thule à la limite de la terre. Ultima Thule, limite ultime, comme un horizon qui se dérobe.
Peintures
Connaissez-vous le nom d’un artiste éthiopien ? A cette question, c’est souvent un désert culturel qui s’étend dans les esprits. Dans les meilleurs cas, quelques vagues souvenirs reviennent par rapport à Lucy, notre ancêtre vieux de 3,2 millions d’années, découvert en 1974 à Hadar, sur les bords de la rivière Awash. L’histoire de la peinture éthiopienne vient d’une iconographie chrétienne très ancienne. L’Ethiopie était au IVe siècle le premier royaume chrétien de l’Afrique, et le monastère d’Abba Garima abrite la plus ancienne Bible illustrée du monde (330-650 après J.C.). La culture éthiopienne contemporaine ? Comme les archéologues, si on creuse on trouve les musiciens popularisés par la collection des “éthiopiques”, bible de l’éthio-jazz, quelques noms de la peinture, tels que Iskundir Bogosian ; Wosene Kosorof, Behailu Bezabih et tant d’autres malheureusement peu connus en France. Pourtant l’Ethiopie a un art contemporain extrêmement vivace avec des artistes qui ont très peu de moyens mais une créativité immense et une école des beaux arts, où Abiy a obtenu son diplôme en 2004, à Addis qui chaque année forme de nombreux étudiants.
Peintures
Mon travail actuel est l’aboutissement d’une recherche personnelle. Peu à peu des formes se sont humanisées, elles ont pris de la profondeur, se sont enrichies au niveau des matières, et m’ont parlé d’une façon nouvelle. Subitement elles se sont transformées en bouteilles, en ville jusqu'à l'abstraction des formes …. J'aime jouer avec l'ambiguïté de ces révélations au cours de mon travail. Elles m'interpellent, jouent de moi, je les laisse, je leur fait croire… puis je reprends la main. Encore surprises elles me tiennent tête parfois, mais je me régale, les inonde de couleurs, de formes, de lumières, de matières autant d’incitations aux rêves et à la réflexion. Chacun peut y trouver son histoire en fonction de son ressenti, de son parcours, des émotions qui l’animent. J’invite le spectateur à continuer l’histoire que je lui dévoile, à écouter la petite mélodie qui entraîne au rêve, invitation délicate et secrète pour savourer les mystères de la vie. Suggérer plutôt que tout dire, telle est ma démarche…
La série de sculptures aux formes élancées les rupestres s'inscrit dans le mouvement autour du corps humain interprété comme une scénographie. C'est aussi une recherche de matières et de textures, techniques d'engobes vitreux, de terres polies et émaux cuits en raku.
En sculpture, j'aime aller à l'essentiel
Format en grès tourné, déformé mais en même temps, sculpté autour de la sphère et du galet. Avec la série oule zen, Marion Roussel explore les frontières entre équilibre et déséquilibre qui s'interpénètrent au cœur de la nature et du cosmos. Sa déformation en creux intègre l'émail noir et blanc en réunissant les symboles fondamentaux d'une dimension corps/esprit qui incite à la sérénité.
Photographies
Le travail photographique de Viviane Savage a débuté aux Etats-Unis il y a plus de quarante ans. Elle s'est toujours efforcée de saisir avec son appareil photographique les aspects de la vie qui demeurent obstinément inaccessibles à toute autre forme d'art : l'instant fugitif, l'impression éphémère, le hasard fortuit. Son travail possède ce caractère d'instantanéité qui la rattache au grand courant de photographie illustré par Cartier-Bresson. Les enfants sont un de ses sujets favoris. Les enfants ne posent pas pour un portrait mais sont saisis dans l'accomplissement d'un geste, d'une action : une petite fille humant des fleurs, une autre assise au milieu d'un feuillage exubérant, les bras levés dans un geste d'intense bonheur. Parfois le moment que Viviane Savage saisit est le moment de la rencontre photographique lui-même, quand l'enfant devient conscient du fait qu'il est l'objet de l'attention : la petite gitane en Andalousie qui oublie momentanément le morceau de pain qu'elle était en train de manger, la petite fille au Mexique qui dissimule en partie son visage par un châle et sourit timidement a l'étrangère munie d'un appareil photo, la fillette qui fume une cigarette dans une pose alanguie, voire lascive. Dans ces photographies Viviane Savage ne capture pas seulement un instant de la vie d'un enfant - elle nous permet d'être le témoin du choc imperceptible de la rencontre entre le photographe et son sujet. Chacune de ces photographies nous dit : voici un moment unique et precieux ; il ne se reproduira pas. Savourez-le. Et pourtant - et ceci représente le pouvoir particulier de l'appareil photographique - ce moment se prolonge indéfiniment.