12e exposition de printemps
Catherine Boillot fait des sculptures à partir des matériaux qu'elle trouve dans son environnement. Laissant derrière elle sa carrière d'enseignante, elle consacre maintenant son temps au développement de sa passion pour la philosophie du corps et de l'esprit, à travers le T'ai Chi, l'écriture en prose et poésie, et plus récemment la sculpture. Dans son Nectar de forêt, elle s'inspire des formes de la nature et trouve pierres et racines qu'elle incorpore à ses oeuvres. Dans cette exposition, la série de sculptures qu'elle présente, intitulée Vers un nouvel ADN et accompagnée de textes poétiques, évoque l'évolution de l'homme et de la planète.
On trouve une combinaison similaire à la fois du visuel et du conceptuel dans l'oeuvre de Jocelyn Clarke. Au premier coup d'oeil ses tableaux ressemblent à d'anciennes études botaniques scientifiques cherchant à classifier des données et à consigner des espèces. Mais en cherchant bien nous découvrons qu'en dehors de ces considérations, Clarke apporte une touche d'expérience subjective personnelle. Les images qu'elle choisit de montrer sont toutes d'une manière ou d'une autre apparues dans sa vie par le biais d'un événement, d'un voyage, d'un don ou par pur hasard. Elles sont toutes basées sur des dessins, des photographies anciennes, des cartes ou des photos qu'elle a prises elle-même.
David Durnell est également photographe et c'est la première fois qu'il montre son oeuvre en public. La photographie est aujourd'hui le moyen d'expression de tout un chacun : elle nous permet de garder une trace de notre avancée dans la vie, des gens que nous rencontrons, de nos relations, des moments ou des événements clés ou des endroits que nous aimons. Cependant, comme nous le savons tous, l'appareil photo ment. ce qui est enregistré n'est pas la vérité, mais une construction du créateur dans son dialogue avec les choix auxquels il est confronté au moment où il appuie sur le bouton : est-ce qu'on attend que les gens se trouvent hors de vue, est-ce qu'on se rapproche ou est-ce qu'on utilise le zoom, tel ou tel point de vue, est-ce qu'on attend que la lumière change ? Les choix que nous faisons parlent de nous et dans le cas de Durnell, ses choix révèlent la recherche d'une esthétique de la beauté : versatile, subjective, indéfinissable, dérobée au flux du temps.
Alana Jelinek est une artiste polyvalente dont la pratique très diversifiée lui permet de faire le lien entre la peinture, l'installation, l'art performance, l'édition et la théorie culturelle. Ses centres d'intérêt sont la politique, les relations de pouvoir (genre, classe, race, nationalité, institutions), la globalisation et l'environnement, entre autres. L'oeuvre qu'elle présente dans Earth critical est une installation de peinture interactive. Jelinek veut que nous nous interrogions lors de notre interaction avec son oeuvre. En quoi consiste notre carte conceptuelle de l'Europe ? Comment sont utilisés les territoires de l'Europe ? Qu'est-ce qui contrôle ces utilisations ? Avons-nous une vision idéalisée de ce que nous aimerions que soit l'Europe ? D'où viennent ces idées ? Sommes-nous satisfaits des idées que nous avons ? Que changerions-nous ? La clé de l'oeuvre de Jelinek, c'est le discours qu'elle génère.
Niall Kerrigan est un photographe de Killala dans le comté de Mayo en république d'Irlande. Tout comme Roy Pickering, il s'intéresse aux traces matérielles de l'activité humaine que l'on trouve dans l'environnement. Dans sa série Off Season, l'absence de vie humaine n'est que temporaire, laissant une vacuité, un vide qui reprendra vie avec le changement de saison. Dans la série Derelict, l'absence semble plus permanente et la nature revient pour recouvrir, cacher et reconquérir tandis que le passé tombe en décrépitude. On ressent la vulnérabilité et la temporalité de la présence humaine.
Jude Lockie vit et travaille dans un petit bourg du Suffolk dans l'East Anglia, une région renommée pour ses maîtres du paysage, notamment John Constable, Thomas Gainsborough ert l'école de Norwich. En tant que graveur, elle fait à la fois des gravures sur bois, une technique qu'elle a étudiée au Japon, ainsi que des gravures à l'eau-forte, sur cuivre. C'est une fine observatrice de la vie de tous les jours, par exemple des gens en train de faire la queue à un arrêt de bus, de faire du vélo ou de marcher, ou bien se retrouvant pris dans un coup de vent. Elle les dessine sur le vif ou de mémoire avant de les transformer en images archétypales où par exemple un marcheur devient l'image du chemin de vie ou encore l'image d'un marin sur un ferry prend la résonnance d'un rite de passage. La nature est constamment présente, la vie humaine est intégrée dans ces processus naturels dans la texture desquels la présence de l'artiste comme observateur, commentateur ou critique, s'intègre naturellement.
Roy Pickering est encore un artiste dont l'oeuvre émerge d'une étroite connection avec le paysage. Il vit dans le Nottinghamshire qui se situe dans les Midlands, une région d'Angleterre fortement associée à la révolution industrielle, dont on peut encore trouver les traces -mais plus pour longtemps- dans le paysage. Ses tableaux ont souvent un aspect brut de décoffrage reflétant leur fabrication pour laquelle il a l'habitude d'utiliser tous les matériaux qui lui tombent sous la main dans son studio même s'ils sont parfois inattendus ; il se sert de chiffons et de bâtons tout autant que de pinceaux et de peinture et il y incorpore parfois de la boue prise à l'endroit qu'il dépeint dans ses tableaux. Ses strates accumulées de marques révèlent et cachent à la fois, dans une archéologie du temps et de l'espace. Souvent les tableaux qui en résultent captent une sensation de mouvement à travers le paysage, une succession de coups d'oeil et de points de vue éphémaire pris en une seule image.